Wat!

Les municipales à Esch, entre la boue et les promesses

On est fin octobre 2023, et Esch-sur-Alzette est trempée comme d'habitude. La pluie fine qui colle les affiches électorales sur les murs de la rue de l'Alzette, ça fait un mélange gluant qui sent le carton mouillé. J'ai marché ce matin vers le café du centre, là où les vieux discutent politique autour d'un café noir et d'un bout de Bouneschlupp. Les municipales approchent, et tout le monde a son mot à dire sur les listes qui se multiplient.

Moi, en tant que journaliste freelance pour un petit canard local, j'ai passé la semaine à interviewer des candidats. Y en a un qui m'a sorti qu'il voulait 'verdir' la ville, avec plus de pistes cyclables le long de la frontière française. Sympa, mais quand je lui ai demandé comment faire avec les camions qui bouchent déjà tout du côté de Belval, il a bafouillé un truc sur des subventions européennes. Les vrais problèmes, c'est la circulation infernale vers le Lycée Technique, où les parents klaxonnent comme des fous à 8h du mat'. Et puis la culture, hein ? On parle d'un nouveau festival de musique à la Rockhal, mais qui va payer pour que les jeunes d'Esch y aillent sans se ruiner ?

Sur le train ce midi, direction Luxembourg-Ville pour une réunion, j'ai entendu deux types en costard débattre de la LSAP contre les ADR. L'un disait que les sociaux-démocrates ont trop donné aux migrants, l'autre que sans eux, Esch serait encore une ville minière morte. J'ai souri dans mon journal, en grignotant un Judd mat Gaardebounen tiède acheté à la gare. C'est ça, la politique ici : des idées qui rebondissent dans les wagons bondés, avec l'odeur de diesel et de sandwiches au pâté.

Hier soir, après une journée à noter des stats sur le chômage local, qui grimpe doucement avec la crise -, je suis rentré par le bus 3. À l'arrêt près du Belval Plaza, un groupe de gamins jouait au foot avec une canette vide, criant en portugais et luxembourgeois. Ça m'a fait penser : les élections, c'est pour eux, au final. Pas pour les discours lisses, mais pour que la ville reste vivante, avec ses marchés multicolores et ses bars où on écoute du jazz après le boulot. Faut voir si les candidats s'en souviennent, ou si c'est juste du bla-bla sous la pluie eschoise.

Bref, on vote dans deux semaines. J'irai, comme tout le monde, en espérant que ça change un peu la donne. Pour l'instant, je rentre me faire un thé chaud, en écoutant de la musique sur mon vieux lecteur MP3, du Dylan en français, pour changer.

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