Wat!

Dans le train, avec un air de guitare en tête

Mardi 14 novembre 2023, je monte dans le wagon de 8h15 à la gare d'Esch. Il pleut dru, les gouttes tambourinent sur le toit comme un rythme de batterie free jazz. J'ai mon sac avec le laptop, un sandwich au Schock, fromage local fort qui pique le nez, et des écouteurs pour bloquer le bruit des commuters.

Aujourd'hui, je bosse sur un papier pour le journal : l'impact des quotas laitiers sur les fermes autour de la ville. Politique agricole, ennuyeux en surface, mais ça touche direct les marchés d'Esch où on vend encore du lait cru. Hier, j'ai interviewé un éleveur à Schifflange, un gars bourru qui m'a offert du fromage frais. 'La Commission européenne nous étrangle', qu'il disait, en fumant sa pipe sous l'auvent.

Mais dans le train, mes pensées divaguent vers la musique. La semaine dernière, j'ai croisé un busker rue Mullerthal, un type avec une guitare acoustique qui grattait du blues en français. Ça m'a rappelé les sessions open mic au Kulturfabrik, pas loin d'ici. Esch a cette vibe souterraine : des artistes qui émergent dans les bars enfumés, pendant que les gros titres parlent de l'euro ou des frontaliers français qui envahissent nos trains.

Une vieille dame s'assoit en face, tricot en main, et commence à parler du concert de l'Octave Hall qu'elle a vu. 'C'était magnifique, ces voix qui montent comme la fumée'. Je hoche la tête, en pensant que la culture locale mérite plus qu'un paragraphe dans les journaux. Le train s'arrête à Bettembourg, porte claque, et un gamin monte en courant, sac à dos qui cogne. Il met ses AirPods, probablement du rap luxo, ce flow mixé qui cartonne chez les jeunes.

À Luxembourg-Ville, je descends, trempé malgré le parapluie. Direction le bureau pour peaufiner l'article, mais l'après-midi, je file à une répétition au café des Arts, un pote musicien prépare un album sur la vie frontalière. Esch, c'est des trains qui riment avec des rêves, des politiques qui décident du quotidien, et des notes qui flottent dans l'air humide. Demain, même routine, mais qui sait, peut-être un coup de théâtre au parlement ou un nouveau morceau qui colle à la peau.

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